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20 ans de la promulgation de la loi Taubira

  • Institutionnel

Le 21 mai 2001, la loi reconnaissant la traite et l'esclavage en tant que crimes contre l'humanité est promulguée

De la fin du XVIe au début du XIXe siècle, la traite " atlantique " dite aussi " négrière " a entraîné la déportation de plus de 12 millions d'Africains, dans un commerce triangulaire entre différents pays d'Afrique bordant l'Atlantique, divers pays européens et le Nouveau monde de l'Amérique, sans oublier les Îles Caribéennes, la Guyane, le Brésil. Le système politique colonialiste occidental, qui a sévi pendant ces mêmes périodes, n'a pas épargné d'autres territoires, telle l'Île de la Réunion au milieu de l'Océan Indien qui s'appelait encore l'Ile Bourbon.

Au début de la chaîne, un horrible troc en Afrique, des hommes et des femmes, des enfants et adolescents faits prisonniers, souvent rassemblés, comme sur l'Île de Gorée au Sénégal, puis échangés contre des armes, des textiles et des pacotilles, s'en suit une traversée de l'Atlantique où, pendant environ deux mois, le voyage les éloigne de leurs racines, entassés dans les cales des bateaux négriers européens jusqu'aux territoires américains, continentaux et insulaires. La vente sur les marchés aux esclaves est proposée aux propriétaires, d'origine européenne, de grandes exploitations de production de coton, de canne à sucre, de café, de cacao ou aussi d'indigo.

 Avec l'argent de la vente des hommes, les marchandises sont achetées bon marché, attendues en Europe, elles remplissent les cales au retour  et garantissent là encore l'enrichissement d'un commerce fructueux, prisé et abondant. Ce sont probablement plus de 27OOO rotations maritimes qui ont assuré cette traite sans cesse renouvelée eu égard à la vulnérabilité et la mortalité importante des hommes et femmes réduits à l'esclavage.

Sur ces habitations ", les hommes, femmes enfants, souvent plusieurs centaines voire davantage, réduits en esclavage, n'ont aucun droit, sont soumis aux fouets, aux mutilations, aux cachots insalubres et aux viols pour les femmes. Le Code noir, édité en France en 1685, restera en vigueur dans les Antilles françaises jusqu'à la première abolition en 1794 et sera remis en application lorsque l'esclavage sera remis en place en 1802 jusqu'à l'abolition définitive en 1848. Ce code, préparé par Colbert réduit l'esclave à une chose, un bien meuble ", réprimant les fuites (le marronnage), les agressions, les désobéissances au maître et l'insuffisance du travail...

L'abolition de l'esclavage est aussi une longue et douloureuse tragédie. Elle traverse les siècles, de l'abbé Grégoire, prêtre et révolutionnaire, à Toussaint-Louverture, autre homme des Lumières, qui libéra les esclaves de Saint-Domingue (partie de lle devenue Haïti) et fonda la première République noire, sans oublier Louis Delgrès, qui tenta de résister aux troupes de Napoléon Bonaparte, venues restaurer l'esclavage en Guadeloupe en 1802, ni la mulâtresse solitude, ni tous ceux esclaves et descendants d'esclaves qui ont défié les lois pour tenter de vivre libres et sans fers ". Puis, toutes les personnalités contemporaines de nationalités différentes, dont les actions politiques, sociologiques ou artistiques, les écrits, les luttes restent profondément marquées par la violence d'un crime contre l'humanité qui s'est propagé sur plusieurs siècles. On peut donc comprendre qu'il faudra plusieurs générations pour apaiser les souffrances et les inégalités qui en ont découlé.

 

 

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